QUI SUIS-JE
Adeline Roussel-Laudière
Je vous accompagne, en présentiel ou en ligne :
- en individuel
- à deux (couple, parent-enfant, autre…)
- en groupe de parole pour les victimes de violences sexuelles
- Séances de supervision
Mon parcours
- Infirmière en psychiatrie (en parallèle avec 6 années d’études en Ostéopathie )
- Ostéopathe (+ de 20 ans de cabinet)
- Accompagnatrice en constellations familiales et rituelles, en groupe et en individuel (formée à l’École des Chemins de la Joie par Eric Laudière. Certifiée en 2013)
- Sexothérapeute (formée par Alain Héril)
- Coach (formée à Excellente Coaching Academy)
- Co-fondatrice et directrice pédagogique de l’école de Constellations Familiales ASIP.
- Formatrice en Constellations Familiales.
C’est ainsi qu’aujourd’hui je développe avec passion et patience l’art de conjuguer le corps et l’esprit.
Maragogi, Brésil
Une rencontre
Adeline
J’ai rencontré Adeline en prenant le petit-déjeuner dans une auberge à Maragogi. Il y avait en elle quelque chose qui ne rentrait dans aucune étiquette simple. Française, oui. Mais son sourire avait quelque chose du Brésil. Un calme sans effort. Une présence douce.
Une femme entre deux mondes
- Nature & mouvement
- Science & invisible
- Traumatisme & constellations
- Transmission & incarnation
Un récit de cohérence :
marcher dans la rigueur, sans fermer la porte au mystère.
Maragogi, Brésil
Quand elle a accepté de me raconter son histoire, elle l’a fait avec ce mélange de clarté et d’humilité propre aux personnes qui ont beaucoup vécu et qui n’ont plus besoin d’impressionner qui que ce soit.
Comme si le monde ne pesait pas sur elle, mais qu’elle avait appris à l’habiter.
Une présence douce. Un calme sans effort.
01 — Une enfance entre mouvement et nature
Adeline est née en Bourgogne, au centre de la France. Mais dire qu’elle est née « en France » est presque une simplification. Son enfance fut mouvement. Transit. Campagne, désert, Afrique.
Ses parents avaient grandi en Tunisie. Ses grands-parents étaient agriculteurs — oliviers, terre, mains qui travaillent — et de l’autre côté il y avait l’architecture, la structure, le design. Une famille nombreuse, très nombreuse. Quinze enfants d’un côté, quarante-cinq cousins. Une intensité familiale qu’on associerait plus facilement au Brésil qu’à la France.
Elle était la quatrième enfant. La petite. Celle qui observait. Celle qui suivait.
Dès son plus jeune âge, sa vie ne fut pas conventionnelle. Ils voyageaient beaucoup. En Mauritanie. Au Niger. Dans différents endroits où l’école traditionnelle n’était pas une option stable. Souvent, elle faisait l’école à la maison. Souvent, elle apprenait davantage des conversations avec les adultes que des livres.
Cela l’a rendue différente.
« Je ne savais pas très bien comment me relier aux enfants », me dit-elle en souriant.
Elle était un peu sauvage. Libre. Observatrice.
Mais il y eut un cadeau immense dans cette enfance : la nature.
En France, ils vivaient à la campagne. Et quand elle ne savait pas quoi faire, sa mère lui disait simplement :
« Va te promener. »
Et elle partait.
Seule.
En montagne.
C’est là que quelque chose de profond s’est construit. Son sentiment de sécurité n’est pas associé à des murs ni à des structures. Il est associé à l’horizon. Au vent. À la terre sous ses pieds. Aujourd’hui encore, elle le ressent ainsi : la ville l’épuise ; la nature l’ordonne.
Cette enfance a forgé son premier outil de future thérapeute : la capacité d’être avec elle-même.
« Va te promener. »
Mais l’autre grande influence fut ses parents.
02 — L’héritage familial
Son père était ingénieur. Il avait une vie stable, structurée, confortable. Et un jour, il a décidé de la quitter.
Il avait deux rêves : devenir fondeur de bronze et faire le tour du monde en voilier. Il ne savait pas naviguer. Il n’avait jamais eu de bateau.
Il l’a fait quand même.
Il a quitté son salaire fixe. Il a monté son atelier. Il a fondu du bronze pendant des années. Plus tard, il a tout vendu et est parti naviguer autour du monde.
Adeline était déjà adulte lorsque cela s’est produit. Mais l’image est restée gravée pour toujours : un homme de cinquante ans qui ne négocie pas ses rêves.
« N’abandonne pas ce qui t’appelle. Jamais. Et encore moins à cause de l’âge. »
Cela, elle l’a hérité de lui.
De sa mère, elle a hérité quelque chose de différent mais tout aussi puissant : la cohérence féminine.
Sa mère a eu quatre enfants, mais elle n’a jamais cessé d’être femme. Elle n’a jamais cessé de voyager, d’avoir des amis, de vivre sa propre vie. Ce n’était pas une mère sacrificielle au sens classique. Elle était présente, aimante, mais non annulée.
Cette combinaison a profondément marqué Adeline :
on peut prendre soin… sans cesser de vivre.
on peut aimer… sans se perdre.
N’abandonne jamais ce qui t’appelle.
À quinze ans, elle a fait un échange au Brésil. Et cette expérience fut une rupture.
03 — Le Brésil, première ouverture
Le Brésil n’a pas été seulement un pays. Ce fut une ouverture spirituelle. Elle a découvert le candomblé, le spiritisme, la naturalité avec laquelle on parle ici de l’invisible. Quelque chose en elle a reconnu ce langage comme sien, même si elle ne savait pas encore comment l’intégrer.
Elle est rentrée en France différente.
À dix-huit ans, elle est retournée au Brésil par amour. Elle s’est mariée jeune. Elle a travaillé comme professeure de français, a participé à un groupe écologique. Elle vivait avec la tranquillité de savoir qu’elle ne « perdait pas son temps », mais qu’elle apprenait.
En parallèle, son père naviguait déjà autour du monde. Un jour, il l’a appelée depuis Tahiti et lui a lancé une phrase qui, sans le savoir, allait changer sa trajectoire :
« Si tu veux voyager, choisis une profession qui te permette de bouger. Diéséliste ou Infirmière, par exemple. »
Choisis une profession qui te permette de bouger.
Adeline a écouté.
04 — Le chemin du soin
Elle est retournée en France. Elle a étudié les soins infirmiers. C’était une décision pratique, mais pas vide de sens. Depuis l’enfance, elle entendait les histoires d’une tante qui guérissait avec les mains, qui parlait aux esprits. Dans sa famille, la curiosité spirituelle n’a jamais été un tabou.
Les soins infirmiers lui ont apporté la science, la structure, la compréhension du corps physique.
Mais quelque chose en elle savait que ce n’était que la première couche.
Elle a rencontré le père de ses enfants. Ils ont tenté de faire le tour du monde à vélo. Ils sont allés loin — jusqu’en Syrie — avant de comprendre que la vie leur demandait autre chose : maternité, pause, structure.
Ils ont eu leur premier enfant.
Ils ont vécu un temps au Chili.
Puis sont revenus en France.
Et c’est alors qu’elle a décidé d’étudier l’ostéopathie.
Six années d’études rigoureuses. Des médecins enseignant l’anatomie, la physiologie, la neurologie. La science la fascinait. Comprendre comment fonctionne le corps la passionnait.
Comprendre le corps · Soulager · Accompagner
Mais peu à peu, elle a commencé à percevoir une absence.
05 — La rencontre avec l’invisible
Il y avait quelque chose qui n’apparaissait pas dans les manuels.
L’énergie.
Le traumatisme non-dit.
La mémoire invisible du corps.
En apprenant à poser les mains, elle a commencé à ressentir des choses que personne ne lui avait expliquées.
C’est là que le véritable chemin a commencé.
Adeline a terminé ses études d’ostéopathie avec gourmandise. Six années intenses. Anatomie détaillée. Neurologie. Physiologie. Diagnostic. Technique précise.
Elle aimait cette partie. Comprendre quel muscle tire sur lequel, quel nerf s’active, quel fascia retient la tension.
Mais en troisième ou quatrième année, quelque chose s’est produit qui ne figurait pas dans les livres.
Les stages ont commencé.
Les consultations ont commencé.
Et ses mains ont commencé à sentir des choses qui ne correspondaient pas exactement à la théorie.
« Ce n’était pas seulement du muscle », me dit-elle.
« Il y avait une histoire. »
Elle remarquait qu’avant même de toucher, elle percevait déjà quelque chose. Comme si le corps parlait avant le contact. Comme s’il existait une mémoire antérieure à la douleur physique.
Au début, elle a pensé que c’était l’épuisement. Il y a même eu un moment où elle a voulu abandonner la profession.
Elle sortait des consultations sans énergie, vidée. Comme si elle donnait quelque chose dont elle ignorait l’origine.
Jusqu’au jour où quelqu’un lui a dit quelque chose de simple et d’essentiel :
« Tu ne donnes rien. Tu canalises. Tu n’es pas la source. »
Ce changement de regard fut fondamental.
Elle a compris qu’elle n’avait pas à « sauver ». Qu’elle n’était pas responsable de l’ensemble du processus de l’autre. Que son rôle était d’accompagner, de faciliter, de tenir un espace. Rien de plus. Rien de moins.
« Tu ne donnes rien. Tu canalises. Tu n’es pas la source. »
Mais malgré cela, quelque chose manquait encore.
06 — Les constellations familiales
En parallèle de l’ostéopathie, Adeline a commencé à explorer les constellations familiales. D’abord comme participante. Puis en formation. Et là, elle a senti un déclic profond.
Le corps physique avait du sens.
Mais le système familial expliquait les schémas invisibles.
Le traumatisme expliquait des réactions sans logique rationnelle.
L’énergie expliquait ce qui ne peut pas se mesurer, mais se ressentir.
Elle a commencé à étudier le traumatisme sérieusement. Traumatisme émotionnel. Traumatisme sexuel. Fonctionnement du cerveau face aux expériences extrêmes. Elle voulait comprendre scientifiquement ce qu’intuitivement elle percevait déjà.
Et c’est là que l’intégration s’est faite.
07 — Intégrer science et spiritualité
Elle n’a pas abandonné la science.
Elle n’a pas abandonné la spiritualité.
Elle les a unies.
« Pour moi, il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre », dit-elle avec fermeté.
« La curiosité scientifique et l’ouverture spirituelle naissent du même endroit. »
Elle a commencé à travailler autrement.
Les vingt premières minutes d’une consultation, elle ne touchait pas le corps.
Elle écoutait.
Observait.
Questionnait.
Et ensuite, quand elle posait les mains, ce n’était plus seulement une technique structurelle. C’était une conversation entre histoires, mémoires et sensations.
Les personnes ont commencé à le remarquer.
« Quand tu vas voir Adeline, c’est différent », disait-on.
Non pas parce qu’elle était meilleure. Mais parce qu’elle ne restait pas en surface.
08 — Transmission et maturité
Pendant ce temps, sa vie personnelle évoluait aussi. Elle s’est séparée du père de ses enfants. Plus tard, elle s’est mariée avec Eric, facilitateur de constellations. Ensemble, ils ont fondé une école. Puis une autre. Ils ont créé des espaces de formation.
Adeline enseignait, facilitait, accompagnait des processus individuels et de groupe.
Mais le plus important, c’est qu’elle a commencé à faire confiance à ce qu’elle ressentait.
Elle parle avec naturel de quelque chose que beaucoup auraient du mal à nommer : l’incorporation, la connexion avec l’invisible. Non pas comme un spectacle, ni comme un mysticisme exagéré. Mais comme une expérience intime, concrète, parfois même inconfortable.
Pendant des années, elle a tenté de faire entrer cela dans un cadre plus rationnel.
Jusqu’à comprendre qu’elle n’avait pas besoin de se justifier.
Elle n’a jamais cessé d’aimer la science. Elle continue d’étudier. De se former.
Mais elle n’a plus besoin que tout soit explicable.
« Comprendre ce qui peut être compris… et ouvrir un espace pour ce qui ne l’est pas. »
Cette phrase résume sa manière de travailler.
Aujourd’hui, elle ne se présente plus comme ostéopathe, même si elle reste profondément reconnaissante pour cette formation. Elle sent que sa pratique est devenue plus large. Plus libre. Plus centrée sur l’âme que sur la structure.
Elle travaille avec le traumatisme.
Avec les constellations familiales.
Avec les mémoires systémiques.
Avec l’énergie.
Avec l’histoire.
Elle ne se définit pas comme « guérisseuse ».
Mais elle accompagne des processus de guérison.
Elle ne se définit pas comme « femme médecine ».
Mais quand on l’écoute, on comprend pourquoi quelqu’un pourrait l’appeler ainsi.
Comprendre ce qui peut être compris…
et ouvrir un espace pour ce qui ne l’est pas.
Et c’est là que son histoire commence à se refermer en cercle avec le Brésil.
09 — Un retour au Brésil
Car ce pays qui lui a ouvert des portes spirituelles à quinze ans… l’appelle aujourd’hui de nouveau.
Il y a un moment dans la vie où l’on ne voyage plus pour découvrir le monde.
On voyage pour se découvrir soi-même.
Après des décennies à accompagner les autres — comme mère, comme thérapeute, comme femme pilier — Adeline a senti qu’elle avait besoin de quelque chose de radicalement simple : être seule.
Seule non pas pour fuir.
Seule pour écouter.
Trois mois au Brésil. Sans enfants. Sans patients. Sans mari. Sans structure.
Un temps pour se demander :
Qui suis-je quand personne n’a besoin de moi ?
Qui suis-je quand je ne prends soin de personne ?
Qui suis-je quand je ne facilite aucun processus ?
Et cette question, pour quelqu’un habitué à accompagner, n’est pas mineure.
Le Brésil n’était pas une destination au hasard. C’était un retour.
C’est ici qu’à quinze ans elle a vécu son premier éveil spirituel. C’est ici qu’elle a découvert le candomblé, le spiritisme, l’incorporation, ces espaces où l’invisible ne se discute pas, il se vit.
Pendant des années, elle a travaillé avec cette dimension subtile dans un cadre plus européen, plus structuré. Avec rigueur. Avec théorie. Avec étude.
Mais elle sentait qu’il y avait quelque chose à réconcilier.
« Je ne veux pas choisir », dit-elle.
« Je ne veux pas avoir à être scientifique ou spirituelle. Je suis les deux. »
Dans ce voyage, elle a renoué avec des personnes qui travaillent avec l’incorporation, la médiumnité, les traditions brésiliennes vivantes. Non comme touriste spirituelle, mais comme quelqu’un qui veut comprendre de l’intérieur.
Et quelque chose s’est ajusté.
Non comme une révélation spectaculaire.
Mais comme une certitude tranquille.
« Je ne veux pas avoir à être scientifique ou spirituelle. Je suis les deux. »
· Aujourd’hui ·
Sa pratique n’a pas besoin d’étiquettes.
Elle n’a pas besoin de se défendre.
Elle n’a pas besoin de se justifier.
La science ne retire rien à la profondeur du spirituel.
Le spirituel ne retire rien à la rigueur scientifique.
Ce sont deux langages différents décrivant la même réalité sous des angles distincts.
Cette intégration, qui chez elle paraît naturelle, est peut-être la dimension la plus puissante de son histoire.
Car ce n’est pas une rupture.
C’est une cohérence.
En l’écoutant, je me suis rendu compte de quelque chose de personnel.
Moi aussi, j’ai commencé depuis l’académique.
Depuis l’intellectuel.
Depuis le besoin de comprendre, mesurer, structurer.
Et peu à peu, comme elle, j’ai intégré le subtil. L’énergétique. Le spirituel.
Non pas comme opposition.
Mais comme expansion.
Parler avec Adeline fut comme entrevoir un futur cohérent possible.
Un exemple réel qu’il n’est pas nécessaire d’abandonner la raison pour s’ouvrir au mystère.
Qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre science et esprit.
Que la curiosité est le véritable fil conducteur.
Et cela, honnêtement, est profondément porteur d’espoir.
Voir son parcours — sa cohérence, sa stabilité, son succès professionnel sans perdre sa profondeur humaine — me réconcilie avec l’idée qu’on peut marcher dans les deux mondes sans se fracturer.
Peut-être est-ce pour cela que nous avons ressenti une connexion immédiate.
Racines françaises.
Joie brésilienne.
Esprit jeune qui continue de questionner.
Une enfant aventurière devenue femme médecine sans jamais cesser d’être curieuse.
Pour conclure
Je suis sûr que ce ne sera pas la dernière fois que nous parlerons.
Et je serai heureux de continuer à apprendre, à écouter et à laisser Adeline me rappeler que la connaissance et le mystère peuvent s’asseoir à la même table.
Merci, Adeline.
Pour ton histoire.
Pour ton honnêteté.
Et pour m’avoir montré qu’intégrer ne signifie pas diviser, mais élargir.
Intégrer ne signifie pas diviser, mais élargir.
